
Une bonne partie des apiculteurs manque de connaissances sur les maladies des abeilles. Or leur santé est essentielle pour maintenir une production de miel en Bretagne", explique Raymond Emeillat, coordinateur apicole au GIE. Dans le passé, la région était saine, car elle avait éradiqué de nombreuses maladies. Une coordination régionale a été mise en place par le GIE pour lutter contre la loque américaine.
De 3 à 5 % de loque
"On constate en effet une forte présence de la loque américaine en Bretagne : de 3 à 5 % des ruchers contre 1 % au niveau national". C'est une maladie contagieuse, favorisée par la présence de ruchers abandonnés. Les premiers signes de présence apparaissent dans le couvain. La larve pourrit dans la cellule en faisant un fil. La présence de loque entraîne une mortalité du rucher, une baisse de la production de miel et une contamination des ruchers aux alentours.
"Un plan d'éradication a été mis en place, afin de visiter tous les ruchers bretons (8 000) sur une période de 4 ans de 2008 à 2011", déclare R. Emeillat. Environ 500 ruchers seront visités par département et par an. Chaque DDSV (services vétérinaires) a un technicien apicole. Les contrôles sur le terrain sont réalisés par l'équipe d'agents sanitaires mandatés par la DDSV (de 20 à 28/département). Ces agents sont souvent des apiculteurs, ils réalisent le contrôle de 20 à 30 ruches par an. "La formation est indispensable pour la réussite de cette action", explique Yves Layec, membre de la Commission apicole du GIE et formateur. Les agents doivent connaître la réglementation, les maladies et les moyens de lutte.
Un traitement mécanique
Pour se débarrasser de la loque américaine, la meilleure solution, c'est le traitement mécanique. "On transvase les abeilles d'une ruche malade vers une ruche saine et on élimine les éléments contaminants, en les brûlant". C'est un vide sanitaire. Avec cette technique, le miel est consommable, car les abeilles sont soignées en évitant les risques de résidus dans le miel, contrairement à d'autres méthodes comme les antibiotiques.
Une quinzaine de nouveaux agents ont été formés la semaine dernière. "Nous comptons sur le rôle de conseil qu'apporteront ces personnes aux apiculteurs amateurs. L'idéal serait que l'apiculteur puisse lui-même reconnaître la loque américaine et fasse le transvasement d'une ruche malade vers une ruche saine".
La loque américaine n'est pas le seul souci des apiculteurs. On constate encore un taux de mortalité de 25 à 30 % des ruches en Bretagne, cette année (29 % au niveau national) avec des causes très diverses : maladies, ruches bourdonneuses, produits phytosanitaires… Pour le moment, il n'y a pas de frelons asiatiques dans la région. Il est présent dans 20 départements français et progresse tous les ans.
Patrick Bégos
Photo : Travaux pratiques pour une quinzaine d'agents sanitaires formés à la lutte contre la loque américaine.
Moins de 3 % de professionnels
En Bretagne, on comptabilise environ 8 000 ruchers pour 50 000 ruches. L'apiculture est réalisée à titre professionnel par 70 personnes et 70 autres le font à titre complémentaire. Globalement, 140 personnes en tirent un revenu, soit moins de 3 % du nombre total d'apiculteurs. La dissémination de cette production souvent réalisée en amateur, le manque de connaissances, l'abandon de ruchers en place sont autant de handicaps dans l'éradication des maladies.