
En Bretagne, 7 700 producteurs, soit 28 % des exploitations professionnelles, utilisent la Certification de conformité produit (CCP). Sur le Grand Ouest, la part s'établit à 17%. Réformée en 2007, la CCP se met aujourd'hui en œuvre plus simplement et plus rapidement. "Il faut désormais compter 3 à 4 mois pour un nouveau cahier des charges (18 mois auparavant), et 1 à 3 mois pour le modifier", a illustré Vincent Couëpel, président de l'Association des organismes certificateurs CCP, lors d'une rencontre d'information, le jeudi 15 octobre à Rennes.
Un logo "Produit Certifié"
Le nouveau dispositif s'adapte également davantage aux besoins de créativité et de réactivité des marchés. "De nouveaux concepts peuvent être intégrés : environnement, développement durable…". Par ailleurs, la garantie de l'Etat est renforcée (textes publiés au JORF…). Un logo "Produit Certifié" a également vu le jour, propriété de l'ADCCPA (Association pour le développement de la certification de conformité de produit agroalimentaire). Les opérateurs adhérant à l'association pourront l'utiliser. "Les fonds récoltés permettront de communiquer et d'améliorer la notoriété de la démarche", précise Michel Hamel, vice-président de l'ADCCPA.
Exemple réussi de CCP, la démarche "Le cochon de Bretagne" lancée en 2003 regroupe 600 éleveurs pour une production s'approchant de 40 000 porcs par semaine, soit près de 10% de la production nationale. "La CCP n'est pas seulement orientée vers le consommateur, elle permet aussi de structurer les relations entre opérateurs", souligne Laurent Auberger, directeur de "Cochon de Bretagne". Et d'ajouter : "La CCP est également un levier au service de l'innovation. Elle va permettre à nos éleveurs de communiquer très bientôt sur le respect de bonnes pratiques en faveur de l'environnement".
De son côté, l'industriel SVA a mis en place le "Bœuf de nos régions". "La CCP nous a permis de traduire les attentes des consommateurs à différents niveaux : élevage avec des animaux jeunes pour une viande tendre et goûtée, l'industrie pour sécuriser l'approvisionnement, la distribution pour proposer au consommateur le produit attendu…", note Fabien Cornen, directeur achats vifs du groupe.
Aux yeux de Jean-Luc Fossé, secrétaire général de la Chambre d'agriculture de Bretagne, la CCP représente un outil intéressant pour la production agricole de la région, beaucoup plus simple à mettre en œuvre que l'AOC, le Label Rouge, le Bio… "Et plusieurs clés d'entrée sont possibles…". Les agriculteurs auraient donc tout intérêt à s'investir davantage dans ces démarches, dont les cahiers des charges sont détenus majoritairement par des industriels.
Agnès Cussonneau
Photo : De gauche à droite : Michel Hamel (vice-président de l'ADCCPA), Fabien Cornen (directeur achats vifs SVA) et Laurent Auberger (directeur de la société "Cochon de Bretagne").
C’est quoi, la CCP ?
La CCP atteste qu'une denrée alimentaire ou qu'un produit agricole non alimentaire et non transformé est conforme à des règles spécifiques et à des caractéristiques préalablement fixées, qui le distinguent du produit courant. Elles peuvent porter sur la production, la transformation ou le conditionnement. La CCP est attribuée à une interprofession, un industriel, un distributeur… ayant constitué un cahier des charges. Ce cahier des charges définit au moins deux caractéristiques de différenciation par rapport au produit standard.