
90 000 euros. C'est le capital que les éleveurs doivent réunir pour convaincre les autres partenaires, notamment les collectivités locales, de se lancer dans un projet de construction d'un atelier d'abattage et de découpe de proximité. L'abattoir de Malestroit ferme ses portes en fin d'année. La ville ne veut plus piloter l'outil et les mises aux normes s'avèrent problématiques dans une zone, au demeurant, inondable. "Les déplacements seront plus longs pour acheminer les animaux, avec le risque de revoir des abattages sauvages dans les campagnes. Les abattages d'urgence seront problématiques. Au moment où les circuits courts se développent, l'absence d'un abattoir de proximité, pour toutes espèces, est préjudiciable à la région", considère Philippe Bernard, responsable de l'antenne de la Chambre d'agriculture de Questembert. La population locale augmente, le nombre de bouchers diminue. L'atelier découpe est intéressant pour les éleveurs (autocon- sommation et vente directe).
Zone d'influence étendue
L'investissement dans un tel outil atteint 2 300 000 euros. 600 000 euros de subvention, 1 million emprunté ; la part d'autofinancement est de 700 000 euros. Les communautés de commune du secteur pourraient mettre 550 000 euros dans le projet. Les bouchers, qui rechignent à réaliser les mises aux normes de leurs propres petits ateliers, encouragent la création de l'outil d'abattage et de découpe. Ils pourraient financer le projet à hauteur de 60 000 euros. Reste la part des éleveurs. "À raison de 100 euros la part de capital social pour un éleveur concerné par l'autoconsommation et 250 euros pour celui qui vend en direct, le financement est envisageable", poursuit Philippe Bernard, conscient des besoins dans un rayon estimé à une quarantaine de kilomètres. "C'est un projet de développement territorial qui concerne 3 départements et deux régions : Pays de Ploërmel, Cœur de Bretagne, Pays de Vannes, Pays de Redon et Vilaine".
Viabilité de l'outil
L'abattoir doit traiter au moins 700 tonnes (veaux, vaches, ovins, porcins) par an pour équilibrer ses comptes, dont 150 tonnes découpées et conditionnées. "Une simple unité d'abattage n'est pas viable. L'atelier de découpe est indispensable". 400 tonnes environ seraient apportées par les agriculteurs et 300 tonnes par les bouchers. Les tarifs seront compétitifs par rapport aux autres unités d'abattage. Le nouvel abattoir, idéalement situé en bordure de la voie express, pourrait entrer en concurrence avec celui de Vannes. "Nous n'avons pas de certitude sur la pérennité de l'outil privé de Vannes. Celui de Sérent, de type coopératif, serait une sécurité pour les éleveurs". Il n’y a plus d’abattoir public, en Morbihan, en dehors de Belle Ile.
La nouvelle structure sera gérée sous forme de société d'économie mixte locale. La validation du plan de financement aura lieu en décembre 2009. La mise en service s'effectuera, au mieux, au quatrième trimestre 2011, après l'obtention des différents permis et autorisations.
Bernard Laurent
Photo : L'abattoir de Sérent serait idéalement placé en bordure de la voie express.