Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Ille et Vilaine (35)
Commercialisation / Journée "Agriculture au féminin" - Des exemples de valorisation locale
 

 


La deuxième édition de la journée "Agriculture au féminin", le lundi 12 octobre à Bruz, avait pour trame l'alimentation et la santé. "La problématique santé est un levier important pour l'agriculture bretonne", a souligné Nathalie Marchand, élue à la Chambre d'agriculture. Dans ce cadre, la valorisation des produits agricoles locaux était mise en relief, notamment lors des ateliers qui se tenaient l'après-midi. Agricultrice à Saint-Malo, Marie-Annick Baslé a apporté son témoignage. Sur son exploitation, la transformation - vente directe, débutée en 2002, est devenue l'activité principale.


Moins de truies, mais meilleure marge


"Nous avons géré jusqu'à 120 truies sur l'exploitation. Aujourd'hui, nous n'en avons plus que 50", chiffre la productrice, expliquant que l'élevage est tenu par son mari. Elle-même s'occupe de la transformation et de la vente, épaulée par un charcutier et une vendeuse, avec le renfort de saisonniers en été. "Notre exploitation est placée sur la route du Mont Saint-Michel." La quasi-totalité des porcs sont valorisés en direct : sur la ferme (du mercredi au samedi) et sur quatre marchés au minimum (dix par semaine en été). "En moyenne, nous abattons 10 porcs par semaine, et en été, jusqu'à 22. L'abattoir se situe à 80 km".


Les éleveurs ont investi 175 000 euros dans cette activité (labo + magasin), auxquels il faut ajouter un camion frigorifique. Même si elle ne compte pas ses heures, Marie-Annick Baslé ne regrette pas son choix. Aujourd'hui, les fluctuations du cours du porc ne sont plus un souci pour elle. "Je n'en tiens pas compte pour fixer mes prix (6 euros/kg pour les caissettes de 10 kg)". Dans ses échanges avec les clients, elle met en avant le mode de production. "La partie naissances est en plein air, c'est une vitrine de l'élevage. Les gens voient les porcelets gambader… L'engraissement se fait sur paille, avec finition sur caillebotis".


Des produits locaux dans les cantines


La valorisation des produits agricoles locaux peut aussi passer par la restauration collective. Thierry Gaudron, responsable de la restauration scolaire de la commune de Guichen (800 repas par jour), souhaiterait par exemple travailler davantage avec des producteurs locaux, bio ou non. Mais il évoque les contraintes administratives liées aux marchés publics, notamment en termes de volumes. Les producteurs pourraient travailler sur ce point pour faire avancer la réglementation.


La méconnaissance des contraintes de l'autre (producteurs ou restauration) a aussi été soulignée. "Nous ne nous rencontrons jamais", regrette Thierry Gaudron. Sur sa commune, une "Commission menu", rassemblant élus (dont une diététicienne), parents d'élèves, cuisiniers, a été créée en 2000. "Depuis, nous avançons petit à petit. Les repas sont équilibrés, nous essayons de travailler au maximum des produits frais… Nous avons un rôle à jouer dans l'éducation des enfants au goût".


Parmi les autres démarches présentées lors de la journée, la randonnée gourmande a été instaurée en 2006 par le Geda de Montfort. Sur le circuit emprunté par le public, des dégustations de produits sont proposées. Lors des éditions 2006 et 2008, 300 à 350 personnes se sont déplacées. Les fermes auberges peuvent aussi être intéressantes pour vendre ses produits, à condition d'avoir de la disponibilité, des bâtiments et un site adapté. Et ces projets peuvent être assez lourds à mettre en place.


Agnès Cussonneau


Photo : Les agricultrices d'Ille-et-Vilaine sont venues nombreuses participer à la seconde édition de la journée "Agriculture au féminin".

 




Un projet régional pour les agricultrices


Lors de la journée "Agriculture au féminin", Nathalie Marchand a précisé qu'un projet régional réunit les agricultrices de Bretagne autour de trois axes majeurs : - élargir les choix professionnels des femmes - sécuriser le parcours de formation et de qualification - favoriser et accompagner la prise de responsabilités. Sur le premier thème, les agricultrices vont participer à l'opération à venir "100 femmes – 100 métiers". "Nous devons aussi parler de notre métier aux jeunes filles", évoquent-elles.


 




 



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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Octobre 2009
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