
Le Gaec des Mézeraies à Penguily créé en 1972 en est à sa deuxième génération. Il est composé de 4 associés (Vincent et Christelle Lenoir, Benoît Lenoir et Cyril Montier) et d’un salarié à plein temps sur deux ateliers : 310 truies NE et un atelier de 65 VL et la suite en race Normande pour un quota de 370 000 litres. L’ensemble de l’exploitation comptant 104 ha.
Les associés ont témoigné lors de la présentation des positions professionnelles sur le dossier « algues vertes » le mercredi 7 octobre (voir page 11). Une parfaite illustration de l’engagement d’agriculteurs sur un bassin versant sensible (Le Haut -Gouessant) à la fois sur le plan des investissements et des pratiques.
Résorption de plus de 25000 unités
La mise aux normes de l’atelier bovin a été réalisée en 1996 par la création d’une nouvelle fumière, la couverture de l’aire d’exercice et le recyclage des eaux blanches et vertes. Un investissement de 116 500 euros pour lequel le Gaec a perçu une subvention de 14 000 euros.
Pour l’atelier porcin, la mise en place du traitement s’est effectuée en deux phases, une station biologique en 2000, et en 2006 une évolution avec centrifugation et valorisation des co-produits. L’investissement global s’est élevé à 370 000 euros subventionné à 30 %. L’occasion pour Vincent Lenoir de rappeler que « si les mises aux normes ont été accompagnées, la charge la plus importante est supportée par les éleveurs eux-mêmes». Ainsi pour la station, le Gaec supporte 52 000 euros d’annuités et un coût de fonctionnement de 10 500 euros par an. Ramené au porc charcutier vendu (7500/an), cela revient donc à un peu plus de 8 euros.
Le taux de résorption atteint ainsi 80 % pour l’azote et 85 % pour le phosphore. Au final, avec le traitement, l’utilisation de l’alimentation biphase et l’arrêt de l’atelier taurillon, le Gaec a réduit sa pression azotée de plus de 25 000 unités d’azote.
Réduction de 65 % des achats d’azote
Au niveau des pratiques, l’engagement est également mis en évidence. Seulement 134 unités d’azote organique par ha (70 unités porcs et 62 unités bovins) valorisées sur toutes les cultures et une réduction de 65 % des achats d’azote minéral (24 unités/ha); la couverture des sols en hiver ; la réduction des doses phytosanitaires avec l’utilisation d’un pulvérisateur diagnostiqué et l’enregistrement des traitements, la mise en place de bandes enherbées au bord des cours d’eau, la réalisation de talus …
Un exemple sur un BV (Haut Gouessant) où, sur 10 ans, la baisse des apports azotés a été évaluée à 20%, l’objectif de résorption atteint 130 % et les apports d’azote minéral ont été stabilisés. Au global sur ce BV la pression azotée a diminué de 49 unités d’azote par ha.
Pierre Dénès
Photo : Chiffres à l’appui, Vincent Lenoir, l’un des associés du Gaec des Mézeraies a présenté les engagements financiers et techniques sur l’environnement.