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Déficit de production de viande bovine dans l'Union européenne, et les prix se maintiennent à des niveaux élevés. Est-ce durable ? À en juger par les réponses apportées lors d'une réunion d'éleveurs et de futurs éleveurs de viande bovine organisée par la Chambre d'agriculture du Finistère, plusieurs indices sont au vert. À commencer par la consommation mondiale qui, si elle a stagné ou régresse dans la plupart des pays développés entre 2001 et 2005, connaît un boom en Russie et surtout en Chine. Pour cette dernière, compte tenu de la population (1,3 milliard d'habitants) et le niveau de consommation encore très faible (5,5 kg par habitant et par an à comparer aux 27 kg de la France ou aux 62,8 kg de l'Argentine), "cela ouvre des perspectives", prévoit Raymond Barré (Chambre d'agriculture).
Sans doute pas pour les producteurs européens. L'Amérique du sud, Brésil en tête, ainsi que l'Australie, qui constituent les principaux exportateurs actuels, s'intéresseront à ces marchés émergents. On peut ainsi espérer qu'ils seront moins agressifs sur le marché européen, néanmoins attractif par le niveau de ses prix et sa solvabilité. Il reste également à savoir quel niveau de protection communautaire sera défendu dans les négociations internationales. En revanche dans tous les pays développés, la production s'est effritée ces dernières années. Il n'y a guère que le Brésil et la Chine qui ont largement progressé (+ 8 % sur de très gros effectifs). Le résultat final se traduit pas une augmentation de production mondiale de 2 % sur 4 ans.
Moins de moules à veaux
Dans l'Union européenne, le déficit de viande bovine se creuse (280 000 tonnes équivalent-carcasse). "Il existe un déficit structurel offre/demande", estime-t-on à l'Institut de l'élevage. Une raison majeure à cela : le nombre de laitières baisse constamment depuis plus de 10 ans avec l'amélioration de la productivité et le nombre d'allaitantes reste stable (en concurrence avec les céréales). La France a ainsi perdu 800 000 vaches depuis 2001. Autant de moules à veaux ! Les prévisions poursuivent les tendances passées avec 10 % de laitières en moins sur la période 2004/2010, soit 2 millions de veaux. Le cheptel allaitant reculerait de 5 %, sauf en France (+ 2 %), soit 600 000 veaux allaitants en moins. Au final à horizon 2012, la production pourrait baisser de 4 % avec une consommation en repli de 2 %, les importations seraient alors multipliées par deux.
Comment faire pour maintenir le cheptel allaitant sachant que des éleveurs vont arrêter la production ? Il faudrait que les exploitations pérennes de plus de 20 vaches accroissent leur cheptel de 11 vaches, la moyenne passant de 52 à 63 vaches à échéance 20012, selon les calculs de l'Institut de l'élevage. Quant au maintien des jeunes bovins, il passe par le renforcement des systèmes naisseurs-engraisseurs, laitiers avec taurillons et engraisseurs. Un accompagnement est nécessaire, plusieurs structures des Pays-de-la-Loire l'ont mis en place, c'est moins vrai en Bretagne. Par ailleurs, les éleveurs présents soulignent leur forte réactivité aux prix du broutard et de la viande, tout en ajoutant qu'il est difficile de redémarrer après un arrêt.
Parmi les incertitudes figure l'évolution de la Pac avec les dangers d'un découplage élargi. "Mais, insiste Raymond Barré, il faut aussi savoir prendre des décisions, avoir une politique à moyen terme, les savoir-faire, les structures existent et la Bretagne dispose d'un potentiel pédo-climatique favorable". Toutes les raisons de croire en l'avenir de la viande bovine.
Paul Chauvin
Une approche professionnelle
Une conjoncture favorable ne doit pas masquer le fait que la production de viande bovine doit être conduite avec professionnalisme. Il faut viser la qualité et éviter le tout venant (plus sensible aux retournements de conjoncture) tout en ayant une approche précise des marchés (type d'animaux, périodes d'achat et de vente). Au niveau de la production, la croissance et la finition des animaux, leur qualité génétique ont été mises en avant pendant cette journée viande bovine. Les éleveurs ont aussi intérêt à rajeunir leur cheptel et à obtenir un maximum de veaux notamment en faisant vêler toutes les génisses.
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