Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Article n°6299 |
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ENGRAISSEMENT DES JEUNES BOVINS : Du maïs et un peu de paille dans la ration
 
Producteurs de viande bovine à Domloup en Ille-et-Vilaine, Pierre et Joëlle Aubrée ont depuis leur installation en 1972 ajusté un plan alimentaire basé sur l'ensilage de maïs leur permettant d'obtenir de bonnes performances de croissance. Les veaux croisés (seulement des mâles) arrivent âgés de 15 jours-3 semaines et sont engraissés jusqu'à 17-18 mois, atteignant un poids moyen de 405-410 kg de carcasse. Le Gain moyen quotidien (GMQ) sur toute la durée d'élevage avoisine 1200 g/jour. Sur la période 7-8 mois jusqu'à 15 mois, il atteint 1350 g. Globalement sur l'élevage, la marge brute ne dépasse pas 475 euros par bovin. Le coût de concentrés par bovin s'établit à 255 euros.
Les veaux sont fournis par le groupement Arco qui assure aussi la vente des taurillons engraissés. Chaque lot compte 48 animaux, reçus sur deux semaines à 65 kg en moyenne. Depuis un an, les éleveurs préparent le départ en retraite de Pierre et réduisent peu à peu les effectifs. "Le nombre de lots par an est passé de 3,5 à 2 cette année (110-120 taureaux par an contre 180 auparavant)". Dans l'article, nous tenons compte d'une situation avec 3,5 lots.
Croisés Charolais - Prim'Holstein
Les producteurs élèvent le plus souvent des veaux croisés Charolais x Prim'Holstein (quelquefois avec Normande ou Montbéliarde). "Les croisés Charolais - Prim'Holstein montrent un comportement plus calme et me permettent d'obtenir davantage de carcasse et un classement R= minimum. En dessous, la viande est beaucoup moins bien valorisée".

Achetés au prix de 360 à 450 euros suivant les périodes, les veaux sont démarrés par Joëlle Aubrée qui accorde une attention particulière aux aspects sanitaires. "Le taux de pertes est très faible", précise Pierre Aubrée. "Un système de ventilation mis en place dans les années 80, nous a permis d'assainir la litière tout en réduisant le taux d'ammoniaque".

Les trois premiers soirs, les éleveurs administrent aux veaux un mélange réhydratant avec aspirine et vitamine C. Jusqu'au sevrage, l'alimentation est constituée principalement de lait, délivré en un repas le matin, dans des seaux. Chaque veau reçoit 35 kg de poudre en 51 jours. La quantité maximale donnée plafonne à 4 litres (200 g de poudre de lait par litre). Les veaux disposent de bonne paille, en permanence, dès leur arrivée. "Jamais de foin, souvent trop riche en protéines". Ils mangent aussi des granulés : une première sorte jusqu'à 2,5 mois (18% de protéine brute, 3,4% de matière grasse (MG) brute, 6% de cellulose brute, vitamines, cuivre…), et un deuxième aliment jusqu'à 4 mois (protéine brute 17%, MG 4%, cellulose 6,3%, vitamines, cuivre…).

Le sevrage est réalisé sur 8 jours en intégrant progressivement l'ensilage de maïs alors que les quantités de lait baissent jusqu'à 0. L'ensilage de maïs distribué atteint 11 kg brut à 8 mois, 15 kg à 1 an et 18 kg en finition. A partir de 4 mois, les animaux mangent du blé aplati, aliment arrêté de 6 à 10 mois. Par la suite, les céréales sont réintroduites : 500 g à 10 mois pour atteindre 1,5 kg au maximum.
A partir de 6 mois jusqu'au départ, 1,3 kg d'aliment complémentaire est donné tous les jours (protéine brute 44,5%, MG brute 3%, cellulose brute 7,3%, vitamines…). Sur la même période, un autre aliment à base de pulpe de betterave s'ajoute à la ration à hauteur de 0,7 kg. "Cela permet de maîtriser le taux de cellulose".

De 3 à 6 mois, les animaux sont en bâtiment de pré-engraissement, également sur litière de paille accumulée. Quand ils passent en engraissement sur caillebotis à 6 mois, ils reçoivent toujours un peu de paille le soir.
Observation des animaux
Les aliments complémentaires sont placés sur le maïs dans la désileuse distributrice avant l'affouragement. Pour mieux répartir l'alimentation, Pierre Aubrée passe 2 à 3 fois sur la table. Le producteur possède un aplatisseur pour le blé. Il est stocké dans un compartiment à part sur la désileuse avant la distribution. Pour mener au mieux leur cheptel, les producteurs passent voir les animaux deux à trois fois par jour. L'observation des bouses est un indicateur pour la gestion de l'alimentation. "Quand elles sont trop molles, c'est que la ration est trop riche en azote", indique Pierre Aubrée.
Concernant la culture du maïs, fourrage de base de l'élevage, le producteur ne prend pas de risque. La surface pour cette culture est de 30 ha, quitte à aller jusqu'au grain lors des meilleures années. Un report de stock de 1 à 2 mois est prévu. "Je préfère distribuer aux animaux du maïs refroidi au moins pendant trois semaines".
"Les semis sont réalisés autour du 1er mai avec 2 à 3 variétés confirmées et la récolte se fait sur une journée par ETA. La pluviométrie de 600 – 700 mm ne permet pas d'avoir des rendements très élevés (10 à 12 t, taux de MS 35%), mais la valeur alimentaire est intéressante avec un maïs souvent supérieur à la moyenne en amidon". L'analyse du maïs permet aux producteurs d'ajuster la complémentation et les céréales. Indispensable pour allier performances et maîtrise des coûts.

Agnès Cussonneau



L'exploitation en bref
(si fonctionnement à 3,5 lots par an) :

- 2 UTH
- 180 taureaux par an. Classement R=, R+. Prix de vente moyen 2,9 – 3 euros/kg. L'éleveur possède une bascule, mais les animaux sont plutôt jugés à l'œil nu. Ils sont alotés tout au long du séjour sur l'exploitation. Les lots de 48 taurillons partent en deux fois.
- SAU de 67 ha : 30 ha de maïs ensilage, 25-30 ha de blé, 5 ha de colza (vendu à la récolte) et jachère. A la récolte, une partie du blé est stockée (1000 qx), le reste est commercialisé. Au printemps, l'excédent de stock est vendu. Les rendements sont de 85-88 qx/ha.
- Travaux par ETA : Labour maïs, épandage fumier, chaulage, récoltes blé et maïs.
- Matériel en propriété (ou co-propriété) : charrue, herse rotative, semoir à maïs, semoir à céréales, épandeur engrais, pulvérisateur.

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Date de l'article : semaine du
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Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





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