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L'évolution récente de la législation nationale sur les émissions d'ammoniac pour les ICPE (Installations classées pour la protection de l'environnement) porcines et avicoles est représentative d'une tendance réglementaire européenne et internationale", a rappelé Nadine Guingand, ingénieur à l'ITP, lors d'une journée technique organisée par DSM Nutritional Products. Elle ajoute : "Si actuellement les déclarations d'émission polluante ne sont pas assujetties à une taxe, il ne faut pas négliger cette possibilité appliquée à certains pays".
6,8 kg d'ammoniac par place d'engraissement
Petit rappel. Depuis 2004, les installations classées porcines et avicoles doivent déclarer les émissions d'ammoniac. En porc, cette obligation concerne les élevages de plus de 2 000 places de plus de 30 kg ou 750 emplacements truies. "La quantité d'ammoniac exprimée en kg tient d'abord compte du stade physiologique : 11,8 kg d'ammoniac par truie, 1,8 kg par place de porcelet sevré et 6,8 kg par place d'engraissement", précise la spécialiste de l'Institut du porc.
Certaines techniques ou l'application de certaines conduites permettent d'appliquer des coefficients d'abattement. "Ces voies de réduction concernent à la fois les bâtiments, les unités de stockage et l'épandage", indique Nadine Guingand, rappelant que la liste pré-établie n'est pas limitée.
L'adéquation des apports protéiques aux besoins des animaux fait partie de ces voies de réduction des émissions d'ammoniac. "En engraissement, l'application d'un régime à 16,5 % de MAT en croissance et de 15 % en finition permet une réduction de 30 % de l'émission d'ammoniac au niveau bâtiment", cite la spécialiste de l'ITP, indiquant l'intérêt de l'alimentation bi-phase.
Lavage de l'air, enfouissement
Parmi les filières de traitement de l'air, le lavage d'air est depuis longtemps considéré comme une voie efficace de réduction d'ammoniac au niveau des bâtiments : abattement de 70 % en moyenne.
L'utilisation d'additifs est aussi considérée comme une voie de réduction des émissions d'ammoniac. "À l'inverse des autres voies, le coefficient d'abattement doit être précisé par le déclarant".
La réduction de la surface et du temps de contact entre les déjections stockées et l'atmosphère se traduisent par une réduction du phénomène de volatilisation. "Si couvrir les fosses permet de réduire la volatilisation, cela contribue aussi à réduire le phénomène de dilution des déjections stockées par les eaux de pluie et donc à réduire le volume à stocker et à épandre".
Enfin, près d'un tiers de l'ammoniac émis par un porc charcutier l'est lors de l'épandage des déjections. "Comme pour les ouvrages de stockage, la combinaison du temps et de la surface de contact entre les déjections et l'atmosphère est essentielle. Aussi, l'utilisation de matériels spécifiques, comme les pendillards et les enfouisseurs, permet de limiter la volatilisation. L'effet est optimal pour les enfouisseurs dont l'efficacité approche les 90 % contre 50 % pour les pendillards. Une alternative à l'utilisation de ces deux types de matériels peut être l'enfouissement par retournement immédiat après épandage".
D. Le Du
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