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C’est en 1999 en Chine, lors de leur service national effectué en coopération, que les deux ingénieurs se sont rencontrés. Etudiant à l’Ensat de Toulouse pour Guirec et à l’Isa de Lille pour Sylvain, les deux expatriés se sont découvert une passion et un intérêt communs pour l’halioticulture, autrement dit l’élevage d’ormeaux. « Sylvain a poursuivi par une thèse en Australie sur le sujet, et je suis rentré en France où j’ai complété mon parcours par du négoce en produits de la mer et en gestion » déclare Guirec qui parle ici au nom de son associé. Forts de deux profils complémentaires et d’une volonté commune de créer une entreprise dans le secteur, Guirec et Sylvain se retrouvent en France en 2003 et décident rapidement de se lancer. « Il n’existe que deux ou trois élevages en France. Il y avait donc de la place. Nous avons souhaité nous concentrer sur la partie écloserie pour fournir des conchyliculteurs souhaitant se diversifier dans le grossissement d’ormeaux ». L’écloserie d’ormeaux consiste à faire pondre simultanément des ormeaux mâles et femelles. Des larves sont issues de cette fécondation externe. « Nous élevons les ormeaux jusqu’au stade juvénile où ils atteignent une taille de 10 à 20 mm» explique Guirec. « Nous nous lançons également dans le grossissement en pleine mer. Mais cela prend plus de temps. Il faut rajouter deux ans et demi pour atteindre une taille correcte de 7 cm. Nous commercialiserons nos premiers ormeaux seulement en 2006. En attendant, il faut gérer la trésorerie au plus près ». A terme, l’activité de France Haliotis devrait être équitablement répartie entre écloserie et grossissement.
Pari scientifique et économique
Pour les aider à voir plus clair dans le pilotage de leur jeune entreprise, Alain Coignard de Cogedis conseille les jeunes agriculteurs : « C’est un projet qui nécessite un budget prévisionnel solide et une grande vigilance sur les trois premières années. Etant sur une niche, il y a peu de références technico-économiques et il faut consacrer une partie des fonds à la recherche-développement. Il faut donc tirer parti d’un maximum de subventions pour viser l’équilibre. Les choix de statuts de jeune agriculteur et de la SCEA étaient également importants, notamment au plan fiscal ». Conscientes du pari scientifique et économique lancé par Guirec et Sylvain, certaines collectivités et associations aident les deux ingénieurs : « Nous avons notamment reçu le prix de l’innovation de l’Anvar qui nous permet de poursuivre une activité de recherche et développement. C’est très important pour nous car si nous voulons convaincre les conchyliculteurs de nous suivre, nous avons besoin de références. »
Marché européen
Avec une capacité de production de trois millions de juvéniles, la SCEA France Haliotis est d’ores et déjà la plus grande écloserie française. « Côté écloserie, nous avons déjà fait des progrès considérables. Il nous faut maintenant réussir la commercialisation des ormeaux adultes fin 2006. De cette manière, nous aurons prouvé aux professionnels que cela fonctionne et suite à cela, la vente des ormeaux juvéniles devrait décoller » affirme Guirec. Les deux jeunes agriculteurs ne doivent donc pas se contenter d’élever et de gérer, mais ils ont aussi une mission commerciale très importante. « Le plus difficile est de créer le marché. Pour l’instant, nous nous positionnons sur le marché européen avec une production qui devrait se situer entre 10 et 20 tonnes les premières années » commente Guirec. Pour se faire connaître, les deux associés ont également engagé une démarche de communication au quotidien qui les conduit à ouvrir leurs portes aux touristes pendant l’été par exemple ou à s’impliquer au sein du pôle mondial de compétitivité « mer » attribué à la Bretagne cette année.
Guy Lemercier
Cogedis
SCEA France Haliotis
Ecloserie d’ormeaux et grossissement en pleine mer à Plouguerneau dans le Nord Finistère
Deux associés : Guirec Rollando et Sylvain Huchette
Deux salariés, dont l’un sur la recherche-développement
Production : 3 millions de juvéniles (15 mm) et 10 tonnes d’ormeaux adultes (7 cm) à partir de 2006-2007.
L’ormeau est un mollusque gastéropode qui se nourrit d’algues et constitue un mets très recherché pour les gourmets qui savent le préparer. C’est une espèce protégée dont la pêche est réglementée.
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