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La grippe aviaire fait peur, surtout aux consommateurs qui ne s’y retrouvent pas toujours dans la masse d’informations dont ils sont abreuvés. Il ne savent pas trop si les grandes manœuvres de Kergloff autour d’un élevage sont là pour les rassurer ou pour les préparer au pire. Au point que certains voient dans cet épisode sanitaire le spectre de l’ESB (vache folle), avec des conséquences humaines décuplées. Et oublient que pour le moment la grippe aviaire n’a pas été repérée en France.
Ce battage médiatique affolant, est doublé de déclarations pas toujours très mesurées des pouvoirs publics qui au nom du « très sacré » principe de précaution ne veulent surtout prendre aucun risque. Sauf parfois à sombrer dans le ridicule en décidant de confiner des volailles dans un secteur et pas dans un autre pourtant tout proche.
Volailles françaises
Et les éleveurs dans tout cela ! Ils subissent sans réellement pouvoir intervenir. La baisse de consommation a atteint au plus fort de la panique près de 40 %, pour redescendre à 20 – 25 %. Les vides sanitaires dans des élevages en intégration risquent de s’allonger. Mais ce sont sans doute les producteurs de volailles fermières ou label qui subissent en premier lieu et de plein fouet cette crise. Les volailles dites festives (chapons, dindes …) sont tout aussi concernées, car à quelques semaines des fêtes de fin d’année, propices à la consommation de volailles, cette hypothétique crise sanitaire tombe vraiment très mal.
Les représentants des producteurs voudraient communiquer pour rassurer, mais ont du mal à s’imposer. « Car, souligne Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, les consommateurs sont dans une spirale de peurs ». Lors d’une récente conférence de presse, les FRSEA de Bretagne et Pays de Loire ont d’abord longuement insisté sur la nécessité de redonner confiance. Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, a notamment mis en avant l’aboutissement du travail de la filière pour un logo «Viande de volailles françaises», à l’instar de ce qui avait été fait pour la viande bovine avec VBF ou pour la viande porcine avec VPF. Des initiatives qui avaient contribué à freiner l’hémorragie de consommation pour ces viandes à des périodes également difficiles pour ces secteurs (ESB, fièvre aphteuse).
Pour Jean-Michel Lemétayer, au-delà des actions de reconquête de la confiance des consommateurs, il faut aussi venir en aide à la filière au travers de mesures de stockage afin d’éviter d’encombrer le marché et de mesures financières. Il appelle par ailleurs la filière à s’organiser pour que la crise se gère le mieux possible.
Comité de défense
Du côté de la Confédération Paysanne, les responsables tirent à boulets rouge sur les pouvoirs publics à qui ils reprochent, par des décisions brutales et médiatisées à outrance, de semer la panique. « Une agitation non maîtrisée au nom du principe de précaution », peste René Louail, l’un des responsables nationaux de la Confédération. Il ne comprend pas la simulation spectaculaire autour de l’élevage finistérien.
Face à ce qu’il considère comme un nouveau coup dur pour la production de volailles, le syndicat demande « un audit département par département sous l’autorité de l’administration pour que soit évalué le préjudice subi par les éleveurs ». « Et surtout que l’on ne profite pas de restructurer à nouveau », rajoute le syndicaliste qui annonce la création d’un comité de défense au niveau national avec pour objectif de défendre tous les producteurs quel que soit leur statut (intégré, producteur fermier, label …. Il conclut « les pouvoirs publics doivent payer leur gestion désastreuse de la crise ».
Pierre Dénès
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