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Le virus d'influenza aviaire se rapproche-t-il de l'Union européenne ? La grippe aviaire a été formellement identifiée en Turquie le 9 octobre, mais la souche exacte du virus devait être connue en milieu de semaine, le temps pour le laboratoire communautaire de Weybridge de terminer l'analyse d'une série d'échantillons.
Embargo européen
La Commission a interdit, dès le 10 octobre, avec effet immédiat, l'importation d'oiseaux vivants et de plumes en provenance de Turquie. Pour des raisons sanitaires, l'Union n'importe pas de produits avicoles de Turquie, à l'exception de préparations à base de viande dont le traitement à plus de 70°C tue le virus. Ces importations n'ont représenté que 48 tonnes en 2004. Par ailleurs, les soupçons de présence du virus en Roumanie, où plusieurs milliers de canards et de poulets sont morts ont été démentis par les analyses réalisées.
Suite à la découverte des premiers foyers d'influenza en Sibérie Occidentale, le ministère de l'Agriculture avait préconisé des mesures préventives à appliquer pour éviter tout risque d'introduction du virus H5N1 d'origine asiatique sur le territoire européen. Ce risque se situe au niveau des oiseaux migrateurs qui pourraient apporter le virus et contaminer les élevages domestiques. Or, les flux migratoires d'oiseaux venant de ce pays sont très faibles et les oiseaux contaminés par la maladie auraient sans doute beaucoup de difficultés à effectuer le déplacement.
Des recommandations
Sur proposition de l'Afssa, le Ministère a dressé une liste de recommandations que les éleveurs ont mis en pratique :
- éviter les contacts entre l'avifaune sauvage et les volailles domestiques en protégeant les points d'abreuvement et les mangeoires de parcours.
- éviter les sources de contamination comme l'utilisation d'eau provenant de plans d'eau pouvant héberger des oiseaux migrateurs.
- renforcer les bonnes pratiques sanitaires destinées à protéger les élevages vis-à-vis de toute contamination provenant d'autres élevages, notamment par des pédiluves aux entrés et sorties, des combinaisons de protection…
- redoubler de vigilance à l'égard de tous symptômes de mortalité ou baisse de consommation, de croissance ou de ponte, en l'absence de toute cause clairement établie.
La surveillance des élevages de volailles et d'oiseaux migrateurs, au regard de l'influenza aviaire, est réalisée depuis quelques années en France. Le programme de surveillance a été renforcé pour l'année 2005 avec un ciblage particulier pour les volailles élevées en plein air. "Ces contrôles n'ont révélé en 2004, aucune élevage séropositif en H5 ou H7 parmi les 165 élevages de dindes de chair en bâtiment ou les 82 élevages de dindes reproductrices testés," souligne Gilles Le Pottier, délégué général du Cidef.
Pas d'abreuvement sur parcours
Le virus H5N1, qui sévit dans plusieurs pays d'Asie, inquiète, car on a établi à plusieurs reprises sa capacité à provoquer chez l'homme de graves infections. Les oiseaux qui survivent, excrètent le virus pendant 10 jours au moins, par voie orale et dans les fécès, ce qui facilite sa propagation sur les marchés des volailles vivantes.
"Notre priorité doit être d'aider les pays concernés, en particulier ceux d'Asie, à éradiquer l'épidémie qui continue à sévir chez eux. Nous souhaitons en conséquence, que la Commission débloque les crédits nécessaires pour soutenir la lutte contre l'influenza aviaire", précise Eugène Schaeffer, président de la Confédération française de l'Aviculture. "Les éleveurs français restent très mobilisés et ont pris les précautions pour éviter tous contacts entre leurs volailles et les oiseaux migrateurs sauvages, en supprimant notamment l'abreuvement et l'alimentation des volailles sur parcours".
Patrick Bégos
Ne pas confondre "pandémie grippale" et "influenza aviaire"
L'opinion publique craint une épidémie de grippe humaine de grande ampleur (pandémie) par un virus influenza adapté à l'homme dont l'une des origines possibles pourrait être la mutation du virus aviaire. Il faudrait pour cela que le virus actuel se recombine avec le virus grippal humain pour s'adapter à l'homme. Or, à ce jour, les cas de grippe humaine rapportés sont issus de contaminations directes sporadiques et spécifiques des volailles vers l'homme sans déclencher de contamination directe d'homme à homme. Il s'agit toujours d'un virus animal d'influenza aviaire et non pas d'un virus responsable de pandémie humaine. Il ne faut pas confondre pandémie grippale et influenza aviaire : la pandémie grippale ne sera pas due au virus H5N1 qui n'est pas adapté à l'homme mais à une recombinaison de virus, probablement humain et aviaire.
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