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Après quelques années de salarié, Eric Rannou s'est mis à son compte en 1998. Propriétaire de son camion, il livre l'aliment Coopagri Bretagne à partir des deux usines de Loperhet et Concarneau (29)."Les livraisons s'étalent du lundi au vendredi et exceptionnellement le samedi. Les débuts et fins de semaines sont plus chargés et l'hiver plus que l'été, à cause de l'aliment bovins". Depuis 1997, les camions sont équipés de soufflerie, ce qui permet de livrer tout type d'aliment et d'avoir un nettoyage optimum des cellules évitant les mélanges.
Responsable de la livraison
8 heures- usine de Loperhet, Eric charge sa seconde tournée. Il a démarré ce matin à 5 h 30 et livré 18 t. d'aliment porc à Plounéventer. En quelques enjambées, il rejoint le bureau de l'usine et consulte, sur ordinateur, le contenu de sa tournée. Il s'agit d'aliment porc à livrer à Plouguin : 2,5 t de "truie nourrice" et 15 t. de charcutier finition, au même client. Après avoir complété le descriptif de sa livraison et édité les étiquettes d'échantillon, Eric approche son poids lourd du pont n°1. Le chargement s'effectue en quelques minutes, cellule par cellule. Il prélève les échantillons qui seront conservés 6 mois à l'usine, puis récupère les documents pour l'éleveur : bon de livraison, facture, ticket de pesée, étiquette de composition.
8h25 : le camion Man s'engage sur la voie express avec ses 17,5 t. d'aliment direction Plouguin. Eric connaît parfaitement les routes du Finistère, les itinéraires les plus adaptés et les raccourcis qui permettent d'optimiser la tournée. Il contourne Brest et s'engage sur les petites routes. Le poids lourd semble avoir doublé de volume, mais, le chauffeur s'en sort bien.
9h00 : arrivée à l'élevage. En quelques manœuvres, le livreur tourne l'arrière de son poids lourd vers l'entrée du hangar où sont disposés les silos. Il a déjà déployé la vis qui s'enfonce dans le hangar vers le silo "truie nourrice". Il ouvre le panneau du tableau de commande sur le flanc du camion, actionne les leviers puis se sert de la télécommande pour ajuster la vis et commander l'ouverture des cellules. À raison d'une tonne par minute, l'aliment est déversé dans le silo.
Intéressant mais stressant
Ceux qui pensent qu'un chauffeur passe sa journée, confortablement calé dans son siège, se trompent. La rigueur est indispensable dans ce métier. "Il faut à chaque fois s'assurer de livrer le bon aliment dans les meilleures conditions. Les accès se sont améliorés notamment dans les élevages hors-sols. Il reste encore des progrès à faire dans les élevages bovins car je dois parfois rentrer sur l'aire d'exercice, contourner un bâtiment, m'engager sous un hangar en manœuvrant au centimètre près. Heureusement, le camion de 18,5 t de charge utile, équipé de 4 essieux, est très maniable et passe partout", confie Eric.
9h30- la livraison est terminée. Après échange de quelques mots avec l'exploitant, Eric reprend la route. Ce vendredi est chargé avec 5 tournées. La troisième concerne de l'aliment bovin à livrer chez trois clients autour de Hanvec puis il livrera de l'aliment porc sur Telgruc avant de rejoindre l'usine de Concarneau pour charger de l'aliment volailles pour deux clients du nord Finistère.
"C'est un métier intéressant mais stressant car, il faut respecter les horaires et essayer de faire face aux imprévus. L'hiver, les journées paraissent plus longues avec de mauvaises conditions climatiques et un planning plus chargé (parfois une quinzaine de clients)". Même si les inquiétudes se profilent à l'horizon, (le prix du gazole, la crise de l'élevage…), Eric aime bien son métier et prend plaisir à conduire. Au contact des éleveurs, il est le garant d'une bonne livraison et l'ambassadeur du groupe dans les exploitations.
Patrick Bégos
De la commande à la livraison
Les commandes sont directement passées à l'usine par l'éleveur (téléphone). L'opératrice saisit la commande sur ordinateur, elle dispose de l'historique des quatre dernières commandes. Le contrôle est ainsi possible et les erreurs réduites. Les commandes sont ensuite transmises au process de fabrication "au fil de l'eau". Le responsable peut ainsi établir le programme de fabrication en relation avec le planning de livraison. L'un des objectifs de la fabrication est de limiter les temps d'attente des camions à l'usine. Le livreur est également un bon contrôleur de la qualité, il n'hésite pas à apporter ses remarques lors du chargement ou de la prise d'échantillon.
« Le transport, un maillon important dans la chaîne qualité »
Guy Costiou, responsable d'usine Coopagri Bretagne
Les métiers de fabricant et de livreur d'aliment du bétail évoluent au même rythme et continueront à s'adapter pour faire face aux exigences toujours plus fortes en termes de sécurité alimentaire.
Ces deux métiers se complètent avec un objectif commun : satisfaire le client, la livraison étant un maillon essentiel de la chaîne alimentaire.
Les erreurs du livreur liées aux nombreuses manipulations sont rares. Demain, avec l'aide de l'informatique embarquée, leur travail devrait être encore plus sécurisé et moins stressant.
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