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«Nous avons tous planté des haies pour protéger les parcelles. Comment valoriser le travail que nous donne leur entretien ? ». Cette question a été le déclic d’une réflexion qui a mobilisé, dès 1998, les adhérents de la Cuma « La Romaine », d’Iffendic (35), réunis autour de leur président Maurice Lohat. Le bois issu
des haies était auparavant poussé en bordure de parcelle puis brûlé.
L’une des solutions consiste à broyer le bois pour obtenir des plaquettes utilisables pour le chauffage ou la production d’eau chaude. « Pour amortir le coût de la machine (25 000 euros), il nous fallait déchiqueter de l’ordre de 400 m3 par an avec un rendement de 7 m3/h. ». Quelques agriculteurs étaient intéressés par des plaquettes pour leur chaudière, mais c’était insuffisant pour atteindre l’objectif de 400 m3.
L’entretien du bocage
Les responsables de la Cuma ont contacté les élus locaux pour rechercher de nouveaux débouchés. Les élus de la Communauté de communes de Montfort ont compris la démarche et se sont engagés à acheter 120 à 130 m3 de plaquettes par an pour chauffer le centre de loisirs de Trémelin. « Ce débouché supplémentaire nous a permis d’investir en 2001 dans la déchiqueteuse»
La Cuma ne pouvant commercialiser les plaquettes à l’extérieur, le GIE « les Beluettes » a été créé. Le prix de vente de la tonne de plaquettes sèches est évalué à 90 euros en comptant l’amortissement de la machine et le temps passé (4 personnes par chantier). « Ce prix est double de celui pratiqué par les scieries industrielles mais les élus nous ont fait confiance et appuient notre démarche. Cette année, nous avons trouvé un nouveau débouché. Les communes nous ont commandé 120 m3 de plaquettes brutes pour le paillage des massifs», ajoute M. Lohat. Les adhérents n’ayant pas de chaudière peuvent donc vendre leurs plaquettes.
50 m3 de plaquettes pour chauffer la maison
« Notre ancienne chaudière à bois (bûches) était à renouveler », explique Jean-Claude Delys, associé du Gaec des Fontaines à St Uniac et adhérent de la Cuma. « Pour la remplacer, nous avons choisi une chaudière à plaquettes Foreste de 30 kwh, montée par E. Couvert de St Pern. Alimentée automatiquement, elle nous permet de chauffer la maison et de bénéficier d’eau chaude ».
« Nous entretenons 250 m de haie par an. L’émondage est réalisé par un chauffeur de la Cuma, équipé d’une nacelle. Avant, nous ne récupérions que les gros morceaux en bûches. Aujourd’hui, tout est broyé ». La déchiqueteuse est louée 33,5 euros/heure, le Gaec fournit tracteurs, remorque et 4 personnes pour le chantier. « Le broyage nous demande 7 à 8 h. pour obtenir les 50 m3 de plaquettes».
Certes, l’investissement en chaudière (10 500 euros dont 1 200 euros de chauffe-eau mixte) est plus élevé qu’une chaudière classique mais son coût de fonctionnement est bien plus faible et se limite à 250 euros/an de frais de broyage.
Un coût de revient intéressant
Le coût de revient d’1 m3 sec de plaquettes est d’environ 25 euros en comptant la main d’œuvre qui représente 50 % du coût. Faut-il la prendre en compte en totalité sachant que l’abattage doit de toute façon être effectué ? Sur la base de 25 euros/m3, les 100 kwh d’énergie fournis par les plaquettes reviennent à 2,75 euros contre 3,9 euros pour le fuel domestique, 4,8 pour le gaz et plus de 8 pour l’électricité. Dans l’hypothèse d’autoconsommation, sans compter la main d’œuvre, le coût baisse à 1,4 euros/100 kwh.
Patrick Bégos
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