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La mouche Ophyra fait entrer la protection biologique en porcherie
 
Jean-Jacques Merret n'utilise pratiquement plus d'insecticide dans ses 18 salles d'engraissement d'une capacité de 2 500 places. "De 1 000 euros, il y a 3 ans, je suis passé à 44 euros d'insecticide en 2004", chiffre ce naisseur-engraisseur, adhérent au groupement Prestor.
C'est un peu par hasard que cet éleveur a introduit la lutte biologique dans son élevage. "Il y a 5 ans, j'ai arrêté la pulvérisation d'insecticide pour la remplacer par les appâts jaunes. Curieusement, c'est au moment où j'ai réduit les traitements que certaines salles ont été moins envahies par les mouches. En fait, moins je traitais, moins il y avait de mouches. Dilemme. En observant de près, j'ai vu que là où il y avait moins de mouches sur les porcs, il y avait des petites mouches noires et brillantes sur la croûte du lisier des préfosses".

Elle vit dans les croûtes de lisier

Le parallèle fait, Jean-Jacques Merret prélève de la croûte de lisier des salles où sévissent ces petites mouches brillantes pour ensemencer les salles d'engraissement envahies par les mouches domestiques. Technique empirique mais qui marche. D'une année sur l'autre, progressivement de salle en salle, les mouches diminuent sur le dos des charcutiers. Le recours aux insecticides devient anecdotique. "En fait, ma plus grande crainte était de perdre la souche de mouches prédatrices, bien que le lavage et les désinfectants traditionnels ne les tuent pas. Ce qui n'est pas le cas des larvicides et des brassages de lisier".
C'est en parlant de sa propre expérience, que cet éleveur de porc apprend que la petite mouche brillante s'appelle Ophyra. Une mouche prédatrice dont les larves voraces se nourrissent et tuent les larves des mouches domestiques qui vivent également dans les fosses avant de devenir mouches (1 larve d'Ophyra consomme 17 larves de mouches domestiques/jour).

Il découvre aussi que Proxalys, jeune entreprise brestoise spécialisée dans la lutte biologique en élevage, élève ces petites bêtes. "Dans un premier temps, je suis surtout rassuré de savoir que si ma souche de mouches tueuses vient à disparaître, je peux m'en procurer auprès de cette société".

L'Ophyra, mouche davantage marcheuse que voleuse (avec des ailes !) vit en fait dans les 10 cm de croûte superficielle du lisier. "C'est pour cela que l'on ne la rencontre pas en maternité ou dans les lisiers bouillonnants. Son habitat idéal est une croûte semi-liquide que l'on obtient en engraissement lorsqu'on est en Faf avec maïs", fait remarquer l'éleveur devenu fin observateur. Et d'ajouter : "La mouche monte dans les salles uniquement pour la reproduction et lorsque la population est en excès dans les fosses. À présent, je sais que lorsqu'il y a 2-3 Ophyra sur les portes ou les fenêtres, l'équilibre est atteint dans la salle et que les mouches domestiques ne vont pas prendre le dessus".

Didier Le Du

OPINION
Stépahne Le Cun,
Proxalys Environnement
« Une implantation pour 120 à 160 euros/100 m2»
L'implantation d'Ophyra se fait idéalement en automne-hiver quand la population de mouches domestiques est encore faible. En tout cas, y penser en juillet-août quand les salles sont submergées de mouches domestiques, c'est trop tard.
L'ensemencement se fait avec des sachets prêts à l'emploi contenant des pupes mélangées à des copeaux. Les adultes, qui émergeront des pupes en 15-20 jours, vont s'accoupler et déposer leurs œufs sur le lisier. Le cycle est alors enclenché pour plusieurs années.
L'implantation d'une souche coûte de 120 à 160 euros pour une salle de 100 m2. Au besoin, des apports d'entretien pourront intervenir chaque trimestre. Pour maintenir la souche, l'éleveur doit faire preuve d'observation et de vigilance notamment entre les bandes.



L'acquis du végétal au service de l'animal
"La protection biologique en production animale est le prolongement du travail entrepris depuis de nombreuses années en cultures. Nous mettons l'acquis sur le végétal au service de l'animal", explique Louis Rolland, gérant de Proxalys Environnement. "Ophyra est le premier insecte commercialisé. Dans un second temps, nous envisageons de développer une mini-guêpe pour lutter contre les mouches". Il ajoute : "En étant implantée à Brest, Proxalys Environnement se démarque par un accompagnement et un service de proximité que ne proposent pas les sociétés internationales".

>>>>> Contact : Proxalys Environnement, 14 rue Colonel Berthaud 29283 Brest cedex – tel : 02 98 43 04 44 – fax : 02 98 80 75 62




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Date de l'article : semaine du N° du 22 au 29 Octobre 2004
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Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





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