
Amateurs de temps chaud et humide, les strongles digestifs risquent d'exploser aux premières pluies. Les comptages de larves effectués par le GDS permettent de donner l'alerte.
Du printemps à l'automne, Marcel Glévarec, technicien au GDS 29, se rend régulièrement sur cinq prairies réparties sur l'ensemble du département. Objectif : y prélever de l'herbe afin de connaître la dynamique d'évolution du nombre de larves de strongles digestifs durant la saison de pâturage. Les strongles, ces vers minuscules mais bien connus des éleveurs car responsables de diarrhées et d'amaigrissement chez les bovins.
"Tous les ans, je suis les mêmes parcelles. Il est ainsi possible de comparer les résultats d'une année sur l'autre", explique celui qui a mis en place ce réseau de surveillance sur le département. "C'était il y a 20 ans exactement".
La périodicité des prélèvements est de 3 semaines de mars à octobre, sauf au cœur de l'été où ces derniers sont espacés de 5 semaines. "Les œufs éclosent lorsque le temps est humide et chaud. Par temps sec, comme celui que nous connaissons depuis juin, la contamination des prairies et donc des bovins est limitée", explique le technicien.
Armé d'un sécateur et d'un sachet plastique, Marcel Glévarec effectue une centaine de prélèvements d'herbe par hectare. "La technique normalisée consiste à recueillir 400 pincées pour constituer un échantillon de 500 grammes d'herbe fraîche. Les prises d'herbe se font au plus près du sol dans les 5 à 10 cm aux quatre points cardinaux des bouses. C'est en effet à ces endroits que la pâture est la plus chargée dans la mesure où les œufs sont excrétés par le tube digestif de l'animal".
Surveillance du pic parasitaire
Placée dans une glacière, la "récolte" est acheminée vers le laboratoire départemental. "Sans rentrer dans le détail, disons que l'herbe est mise dans une bétonnière avec de l'eau et un solvant. Lors du mélange, les larves se décollent du fourrage. Une filtration permet de récupérer la fraction liquide qui contient les strongles. L'opération suivante consiste à compter les larves qui flottent dans les tubes à essai".
Par extrapolation, le laboratoire définit un nombre de larves de strongles par kg de matière sèche (MS) d'herbe. "Au printemps dernier nous étions à 100 larves par kg de MS. Mais il n'est pas rare qu'à l'automne, lorsque les conditions sont favorables au développement des strongles, on monte à 40-50 000 larges par kg de MS. Notre mission est alors d'alerter par voie de presse dès lors qu'il y a explosion du nombre de larves. Ces avertissements parasitaires doivent conduire les éleveurs à adopter une stratégie de lutte pour éviter les pertes économiques liées à ce parasite".
Conseil de l'UBGDS : "Penser prévention dès le printemps"
Les traitements anti-parasitaires de rentrée des bovins, après la 1ère saison d'herbe, sont conditionnés à l'efficacité de la prévention mise en place au printemps.
Une prévention par bolus ou endectocide dispense en général des traitements de rentrée.
Une prévention antiparasitage insuffisante impose un traitement efficace à la rentrée à l'étable.
Les animaux et les animaux en seconde année de pâture sont moins sensibles au parasitisme. Les traitements se justifieront uniquement lors de baisse des performances zootechniques ou de signes cliniques.
Des milliers d'œufs par jour
Dans le cas des strongles digestifs, les femelles présentes chez le bovin peuvent pondre plusieurs milliers d'œufs par jour qui sont éliminés par les bouses. Quand les conditions sont favorables (temps chaud et humide), les œufs éclosent et donnent naissance à des larves qui se transforment en larves infestantes (stade L3), lesquelles se placent sur les herbes et sont ingérées par les bovins.
Ces vers ne sont pas à confondre avec les strongles de la bronchite vermineuse qui parasitent le poumon.
Didier Le Du