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Volailles :La réglementation crée de nouveaux paradoxes dans l’alimentation
 

Hebdomadaire N° 2488 - 10/01/2003

- Les nouvelles contraintes d’ordre sanitaire pèsent sur la formulation des aliments du bétail - De nouvelles dépendances se créent

De nouvelles réglementations sont apparues tout au long des crises sanitaires : suspension des farines animales, législation additifs, normes dioxine,... Elles pèsent lourdement sur le secteur de l’alimentation animale, entraînent un surcoût dans les filières et engendrent aussi des situations paradoxales. «En effet, le recours massif au tourteau de soja, l’utilisation d’huile de palme et d’acides en substitution des sous-produits animaux, provoquent une dépendance protéique et peuvent éventuellement occasionner des problèmes de sécurité alimentaire», souligne Isabelle Bouvarel de l’Itavi.
L’Union européenne recours massivement au tourteau de soja pour ses approvisionnements en protéines végétales. Le taux d’auto-approvisionnement a de nouveau chuté en 2001 et atteint moins de 25 %. L’Union est le premier importateur sur le marché mondial (40 % du marché). L’offre se concentre géographiquement autour des 3 pays que sont les USA, le Brésil, l’Argentine qui représentent à eux-seuls 80 % de la production mondiale. La concentration géographique s’accompagne d’une diminution du nombre d’acteurs. Ainsi, «aux USA, (45 % de la production mondiale de soja), 90 % de la capacité de trituration est aux mains de 5 groupes industriels avec des risques pour les acheteurs lors de la fixation des prix et d’événements climatiques. Parallèlement, en Europe, la baisse sensible des aides décourage la production d’oléagineux.»
De nouvelles matières grasses
En plus de la réduction de la source de protéines, le remplacement des farines animales par des huiles végétales pose problème, du fait de leur richesse en acides gras insaturés. «On observe en effet, une moins bonne tenue de l’aliment composé granulé. La graisse interne des volailles est moins ferme et devient plus fluide. Pour le consommateur, le produit est moins appétissant et présente une tendance à l’oxydation».
Les «graisses végétales» comme l’huile de palme sont de plus en plus utilisées en volailles du fait de leur profil en acides gras saturés. La production d’huile de palme est concentrée dans 2 pays la Malaisie et l’Indonésie (80 % de la production mondiale). Elle est souvent mal contrôlée et dépourvue d’une traçabilité suffisante. «Elle s’appuie sur des bases industrielles mais également sur des collectes locales très dispersées avec de faibles quantités. Des contaminations croisées peuvent apparaître lors du transport et les transbordements constituent des points discutables parmi tous les niveaux de traçabilité», explique I. Bouvarel.
La suppression des antibiotiques facteurs de croissance ou de certains anticoccidiens entraîne aussi des conséquences. On a observé, surtout chez la dinde, une recrudescence des pathologies digestives, comme l’entérite nécrotique maîtrisée auparavant grâce à l’utilisation d’antibiotiques régulateurs de flore. «La suppression de certains additifs peut pousser les éleveurs à «se réassurer» en ayant recours à des adjuvants thérapeutiques, à savoir les vitamines, les oligo-éléments, les aliments diététiques et autres suppléments nutritionnels utilisés dans l’eau de boisson (15 % des frais vétérinaires)». Ces nouvelles stratégies nutritionnelles peuvent-elles pallier en partie les problèmes sanitaires ? De nouvelles recherches sont encore nécessaires pour avancer dans cette voie.

Economiser le soja

Une étude prospective de Lapierre et Pressenda (2002) a exploré les pistes possibles pour économiser l’utilisation de soja. Il s’agit par exemple du développement de la production de poulets certifiés à croissance moins rapide, nécessitant des matières premières moins riches en protéines.La généralisation du modèle poulet certifié destiné au marché intérieur en remplacement du poulet standard permettrait une économie de 150 000 à 250 000 t. de soja.
Les formulations alimentaires des productions label imposent des contraintes élevées de minimum d’incorporation de céréales. Si cette contrainte artificielle pouvait inclure les protéagineux, il serait possible de gagner quelques points de tourteau de soja au profit du pois ou du tourteau de colza.
D’autres pistes font l’objet de travaux de recherche. Il s’agit de l’amélioration de la teneur en protéines des céréales et le recours à des sources d’acides aminés quasiment pures comme la thréonine de synthèse.



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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 17 Janvier 2003
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Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





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