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Hygiène:La lutte biologique contre les mouches
 

Hebdomadaire N° 2506 - 16/05/2003

L’apparition des premières chaleurs est souvent synonyme de désagréments liés aux mouches. La lutte biologique constitue une alternative. Elle utilise les ennemis naturels pour les tuer

Dès le printemps et en été, les mouches peuvent être à l’origine de problèmes dans les élevages, allant de désagréments mineurs jusqu’à des pertes liées à des retards de croissance, des baisses de rendement. Christian Le Paven, éleveur de pondeuses dans les Côtes d’Armor, s’est intéressé à des solutions autres que la lutte chimique. Depuis 1997, il a effectué des recherches et il a testé avec succès il y a 3 ans la lutte biologique avec des prédateurs de mouches fournis par Agrinova, firme allemande.

Arrêt du cycle

Le principe est simple. Les prédateurs utilisent le stade pupe des mouches domestiques pour leur propre développement. «Sur litière paillée, on utilise des Nasonia. Les femelles pondent leurs œufs dans les pupes des mouches. Lorsque leurs larves grandissent, elles se nourrissent du contenu de la pupe, arrêtant ainsi le cycle de développement de la mouche», explique C. Le Paven.
Les Nasonia sont très petites (2 à 4 mm), elles recherchent des zones d’ombre et ne présentent aucun danger pour l’homme et les animaux. La mise en place se fait début juin, en répandant le contenu des boîtes sur les aires de reproduction des mouches, en les protégeant du piétinement des animaux, le long des parois, des abreuvoirs. Les prédateurs ont une durée de vie de quelques semaines et peuvent se maintenir par l’arrivée régulière de mouches ramenées par les vaches au retour du pâturage.
Dans les bâtiments sur lisier, la lutte biologique se fait avec ophyra, dont les larves se nourrissent également de mouches domestiques. Les colonies d’ophyra se développent dans les fosses et canalisations où elles limitent de manière significative, les populations de mouches. Les ophyra restent dans l’obscurité des fosses. C. Le Paven utilise la lutte biologique dans son atelier de pondeuses. D’autres éleveurs ont testé la méthode en élevage porcin et laitier.

En post-sevrage et engraissement

Yannick Le Goff, éleveur de porcs, utilise des ophyra depuis 1 an. «Je cherchais un moyen autre que la lutte chimique et je savais que la lutte biologique était employée au Danemark et dans les pays du Nord. Dans les salles de post-sevrage et d’engraissement, je répartis des ophyra trois fois par an en avril, début mai et éventuellement en août». Une moitié du contenu des boîtes est répandue dans la fosse, sous les caillebotis, au contact des larves et l’autre moitié dans les salles. «L’utilisation est simple, le coût est inférieur à celui d’un produit chimique, son efficacité est bonne» Lorsqu’il y a une grosse infestation, l’éleveur utilise des appâts devant les cases, pour casser les cycles, avant la mise en place des ophyra.

Une traite plus calme

Yves Stéphan est éleveur laitier en production bio. «Ne pouvant pas employer de produits chimiques et travaillant en milieu ouvert, j’utilisais jusqu’en 2001, des collants, j’essayais d’enfumer la salle de traite, d’arroser, de ventiler. Depuis 2 ans, je me sers des nasonia. Dès les premières chaleurs, en mai-juin, je répartis le contenu des boîtes dans 5 à 6 endroits secs des bâtiments d’élevage». L’été se passe tranquillement. L’efficacité est bonne. Avant, il y avait beaucoup de mouches dans la ferme et rien dans la maison. Maintenant, c’est l’inverse, les mouches ont beaucoup diminué dans les bâtiments. «Ce moyen de lutte est simple à mettre en place. Les vaches sont calmes lors de la traite. Cependant, l’efficacité n’est pas totale car au retour du pâturage, les vaches ramènent quelques mouches mais c’est nettement mieux qu’avant».
 

Patrick Bégos



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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 23 Mai 2003
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Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





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