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LUTTE CONTRE LES STRONGLES:Des médicaments strongylicides nombreux et différents
 
LUTTE CONTRE LES STRONGLES : Des médicaments strongylicides nombreux et différents
 

Hebdomadaire N° 2450 - 05/04/2002

Après avoir présenté les mécanismes de contaminations des animaux par les strongles digestifs et pulmonaires (PB du 22 mars), il faut connaître les types de médicaments vétérinaires efficaces et leur mode d'administration pour ensuite adopter une stratégie de traitement avec une bonne efficacité à coût raisonnable.

Les éleveurs disposent actuellement d'un choix relativement important pour traiter les strongyloses. Avec des durées d'action très différentes et des modes d'administration plus ou moins pratiques et enfin à des coûts très divers. Un point a été fait lors de la journée "Vivre en sécurité avec les parasites", organisée par les Chambres d'agriculture-EDE, Bovins Croissance et l'Institut de l'élevage.

DES PRODUITS
À ACTION IMMÉDIATE

Les strongylicides dits à "action immédiate" sont efficaces aussi bien sur les strongles gastro-intestinaux que pulmonaires. Ils agissent immédiatement après leur administration et leur durée d'action dépasse rarement 48 heures. Ils n'ont ainsi aucun rôle préventif et il est tout à fait inutile de les utiliser sur des animaux non infestés. Ils n'empêchent pas non plus bien sûr la ré-infestation si les animaux sont sur des pâtures contaminées.

Pour la plupart ce sont des produits à base de matières actives assez anciennes, le thiabendazole par exemple date de 1960. Les produits commerciaux sont très nombreux et présentés sous forme injectables, buvables et pour-on (on en retrouve également dans des bolus). Ils sont à base des matières actives suivantes:

- Thiabendazole
- Albenbendazole
- Oxfenbendazole
- Fébantel
- Lévamisole
- Tétramisole
- Nétobimin

DES PRODUITS
RÉMANENTS

Ces dernières années ont vu apparaître les endectocides qui ont constitué une véritable révolution thérapeutique. Ils sont actifs à la fois sur certains parasites internes (strongles digestifs et respiratoires) et externes (varron et certains poux ou gales). Ils ont pour autres caractéristiques d'être efficaces à doses relativement faibles, d'être peu toxiques pour les animaux et de persister plusieurs semaines (2 à 5 semaines selon les molécules). Ces matières actives sont excrétées dans le lait , ce qui rend leur utilisation interdite sur vaches en lactation (sauf pour l'éprinomectine qui a un délai d'attente nul).

Ces endectocides contrôlent l'infestation des animaux et l'excrétion d'œufs pendant une période qui peut varier, selon les produits, de 2 à 5 semaines. Cinq molécules différentes sont actuellement utilisées en France :
- Ivermectine
- Abamectine
- Doramectine
- Eprinomectine
- Moxidectine

LIBÉRATION CONTINUE OU SÉQUENTIELLE

Depuis quelques années sont apparus des strongylicides (de diverses matières actives) qui sont intégrés dans des "bolus". Ceux-ci libèrent le produit, soit en continu, soit de façon séquentielle (tous les 15 j à 3 semaines). Selon les produits, leur durée d'efficacité est ainsi de 90 à 140 jours (voir tableau).

L'infestation des bovins et l'excrétion dans les bouses est ainsi limitée pendant toute cette durée, ce qui en fait les produits les plus sûrs mais qui ont d'autres inconvénients (voir plus loin)

DES VOIES D'ADMINISTRATION DIFFÉRENTES

La plupart des matières actives peuvent se présenter sous différentes formes, avec l'injection sous cutanée, le drogage, le pour-on (dépôt du produit sur le dos) et les bolus. On pourrait même rajouter les granulés mais qui ne sont pas à préconiser compte tenu de la difficulté pour maîtriser les doses effectivement consommées.

Injection et drogage ont l'inconvénient d'imposer une immobilisation des animaux, éventuellement plusieurs fois dans la saison. C'est le cas également pour les bolus mais qui s'administrent en général avant la sortie des animaux. Les pour-on ont l'avantage de pouvoir être déposés sur le dos sans blocage des animaux et sont peu lessivables en cas de pluie. À l'avenir, d'autres formes d'administration pourraient encore voir le jour. L'implant semble être une voie prometteuse.

Mais, tous les modes d'administration n'ont pas la même efficacité, du moins pas à des doses comparables. Ainsi, à titre d'exemple, les quantités d'Ivermectine (Ivomec) pour un jeune bovin de 200 kg sont, selon les modes d'administration, de :

- 40 mg pour une injection sous cutanée,
- 100 mg en pour-on,
- 1 700 mg en bolus

Les durées des concentrations efficaces sont de 137 jours pour le bolus, 27 pour l'injection sous cutanée et seulement 17 en pour-on. Ceci veut dire que, pour certains produits, une fraction importante de la matière active est rejetée dans le milieu sans avoir exercé une action anti-parasitaire. Ceci pourrait avoir des conséquences importantes (mais encore mal connues) pour l'environnement (et aussi probablement pour des résistances que l'on commence à signaler dans quelques pays). Les conséquences les mieux connues sont pour le portefeuille de l'éleveur qui par ailleurs peut aussi tenir compte des facilités d'intervention.

Jean Louis Le Rest



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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 12 Avril 2002
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