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STRONGLES DIGESTIFS ET PULMONAIRES AU PÂTURAGE:Comprendre les mécanismes de contamination pour mieux traiter
 
STRONGLES DIGESTIFS ET PULMONAIRES AU PÂTURAGE : Comprendre les mécanismes de contamination pour mieux traiter
 

Hebdomadaire N° 2448 - 22/03/2002

Les infestations parasitaires et en particulier les strongles gastro-intestinaux sont un aspect dominant de la santé des jeunes bovins, avec des conséquences économiques importantes si elles sont mal maîtrisées. Ce premier article consacré à l'épidémiologie sera suivi de deux autres, sur les différents types de produits de traitements puis sur leur utilisation rationnelle.

Les EDE-Chambres d'agriculture, Bovins Croissance et l'Institut de l'Élevage viennent d'organiser une journée, à l'intention des techniciens d'élevage, sur les parasites en élevage bovin, "Vivre en sécurité avec les parasites". En trois articles à suivre, nous reprenons l'essentiel des interventions de trois des plus grands spécialistes français de ces problèmes (Christian Mage de l'Institut de l'Élevage, Alain Chauvin de l'École Nationale Vétérinaire de Nantes et Michel Alvinerie du laboratoire de pharmacologie et toxicologie de l'Inra à Toulouse).

PLUSIEURS TYPES
DE PARASITES

Différents parasites peuvent infecter les bovins, avec des modes d'action, des symptômes et des conséquences économiques très diverses. Pour les bovins à l'herbe, on peut les classer en trois types essentiels, avec les strongles (digestifs et pulmonaires), la grande douve, les paramphistomes (voir encadré).

Pour les strongles digestifs, il s'agit essentiellement de "Ostertagia" qui envahit la caillette. D'autres ("Cooperia", Nematodirus") peuvent, en faible nombre, se loger dans l'intestin grêle. Les prairies pâturées sont contaminées par les larves infestantes de strongles gastro-intestinaux qui vieillissent et dont beaucoup meurent en hiver. Au printemps il y a donc très peu de larves sur les prairies pâturées l'année précédente et elles sont peu pathogènes. Par contre, au stade adulte, elles sont prolifiques. L'infestation des animaux se fait par l'ingestion des larves infestantes présentes sur les prairies dès la mise à l'herbe. Celles-ci provoquent une forte excrétion (en particulier par les jeunes génisses) dans les fécès au printemps et en début d'été et le pic de larves infestantes est en général en septembre.

La strongylose pulmonaire (ou bronchite vermineuse) est causée par le "dictyocaule" qui se loge dans la trachée et les bronches. Les larves sont sensibles au froid et les prairies sont peu ou pas contaminées au printemps. L'infestation est en général réalisée lors du pâturage de génisses de deuxième année ou les adultes. Ces strongles provoquent des troubles respiratoires puis de la toux. Mais attention, tout ce qui est toux n'est pas de la bronchite vermineuse.

PREMIÈRE ANNÉE À RISQUES

Lorsque la mise à l'herbe des jeunes génisses (nées en automne par exemple) se fait en avril, l'infestation des animaux par les strongles peut se faire dès la mise à l'herbe, avec une forte excrétion dans les fécès au printemps et en début d'été. L'infestation progresse ainsi au cours des mois et peut devenir très importante dès août et continuer encore à progresser jusqu'à la rentrée en stabulation, avec parfois des conséquences zootechniques importantes (diminution de la croissance en particulier).

Si la mise à l'herbe se fait plus tard (mai-juin), mais sur des prairies pâturées par des vaches ou des génisses de 2ème année, le risque est également important pour les jeunes génisses qui peuvent être très infestées dès août-septembre. Par contre, si la mise à l'herbe se fait en juin et sur des repousses d'ensilage ou de foin, l'infestation des jeunes génisses sera limitée et sans conséquence sur la croissance des animaux.

Il est ainsi évident que le raisonnement des traitements médicamenteux doit se raisonner très différemment en fonction des situations.

PEU DE RISQUES
EN 2e ANNÉE

Pour la plupart des parasites, et en particulier pour les strongles, les animaux qui ont été infestés acquièrent une immunité, qui est ensuite maintenue par le contact régulier avec le parasite.

Cette immunité acquise explique que l'infestation des génisses de deuxième année reste limitée du moins si ces animaux ont été parasités l'année précédente. Aussi, un traitement antiparasitaire contre les strongles ne se justifie pas pour des génisses de deuxième année, sauf éventuellement si ces animaux n'ont pas été contaminés la première année, ce qui peut éventuellement être le cas pour des génisses sorties tard et sur des parcelles après foin ou ensilage.

Ce qui est vrai pour des génisses de deuxième année l'est encore plus évidemment pour des vaches adultes pour lesquelles, sauf cas très particulier (pas de pâturage avant vêlage par exemple), aucun traitement contre les strongles ne se justifiera.



À SUIVRE : Les différents types de produits et leurs utilisations

J L Le Rest



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Date de l'article : semaine du N° du 22 au 29 Mars 2002
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Alain Boutin et Marie-Laure Ropers à Ploubazlanec (22) / Un écrin d'arbustes et de fleurs pour se détendre





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