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CÔTES D'ARMOR :Bassin versant du Haut Blavet:Engagés sur l’environnement,les agriculteurs hésitent sur les CTE
 
CÔTES D'ARMOR :Bassin versant du Haut Blavet : Engagés sur l’environnement,les agriculteurs hésitent sur les CTE
 

Hebdomadaire N° 2433 - 30/11/2001

Dans le cadre des actions agricoles sur le bassin versant du Haut Blavet, cinq fermes d’applications ont été mises en place dans le but d’acquérir des références et de montrer les possibilités techniques de nature à améliorer l’environnement (qualité de l’eau, paysage ...). Une journée de présentation de ces fermes a donné lieu à des échanges avec les élus, les représentants des administrations.

La reconquête de la qualité de l’eau et la préservation de l’environnement imposent une évolution sensible des pratiques dans les exploitations. Sur le bassin versant du haut Blavet, cinq fermes dites d’application représentatives des différents systèmes se sont engagées après un diagnostic de l’exploitation a mettre en œuvre des actions qui participent à concilier agriculture et environnement : compostage pour une meilleure valorisation des déjections, bandes enherbées au bord des cours d’eau, couverture des sols en hiver ...

Trois exemples

Ainsi Jean-Yves et Marie-France Martin à Maël Pestivien, producteurs de lait et de porcs, en cours de mise aux normes de leur siège d’exploitation présentent déjà des résultats éloquents : réduction des sols nus en hiver, la quantité d’azote organique a été ramenée de 400 unités par ha à 135 unités par ha, abandon de l’atrazine, destruction mécanique des intercultures au lieu du glyphosate...

A Kérien, les époux Henry également producteurs de lait ont porté leurs efforts sur la couverture des sols en hiver et l’entretien du bocage. Ils ont par ailleurs choisi d’implanter les cultures sans labour (40 ha en 2000).

Anne et Michel Le Gall producteurs de porcs et de lait ont aussi fait évoluer leurs pratiques : les apports d’azote minéral ont été divisés par 2, pas d’apport sur les terres drainées, le nombre d’inter ventions phytosanitaires a été ramené de 0,83 à 0,35, pas de terres nues en hiver ....

Ces agriculteurs se sont engagés et ne le regrettent pas. Ils veulent toujours participer à la reconquête de la qualité de l’eau et à la préservation de l’environnement. Par contre, alors qu’ils pourraient entrer dans une démarche CTE (Contrat territorial d’exploitation), et bénéficier de quelques aides, ils hésitent.

«Trop de papiers et de nouveaux contrôles en perspectives». Certes ils ne réfutent pas l’idée de contrôles dans la mesure où il y a de l’argent public, mais trop c’est trop : des contrôles Pac un peu pointilleux, des contrôles pour les RTA (Retrait de terres arables), des contrôles pour les mises aux normes....

35 CTE en prévision, seulement un de signé

Yvon Boutier, membre de la Chambre d’agriculture et du Comité professionnel abonde dans le sens des éleveurs : «Sans doute bons dans le principe, les CTE apparaissent comme des usines à gaz et effraient les agriculteurs. Il faut évoluer vers une plus grande simplification dans la mise en place et dans les contrôles».

L’administration se défend de faire du zèle dans l’application des textes. «Nous avons aussi des comptes à rendre». Les responsables rappellent que dans les départements voisins, les contraintes sont moins fortes et un meilleur équilibre a été trouvé entre le volet environnemental et le volet économique.

Des positions qui agacent Jean Yves Philippe, président du Syndicat mixte de Kerné Uhel. «Il faut arrêter d’être parano». Persuadé contrairement au sentiment exprimé par les éleveurs que «personne n’accuse les agriculteurs de mal faire». Tout de même un peu surpris de la difficulté relationnelle entre l’administration et la profession.

Il voudrait aller plus vite et ne comprend pas cette réticence à s’engager dans les CTE «surtout de ceux qui sur leurs exploitations se sont déjà impliqués dans une meilleure prise en compte de l’environnement». Sur le bassin versant un objectif de 35 CTE avaient été fixé. Et pour le moment seulement un de signé. Cela mérite sans doute réflexion, car avec un peu plus de souplesse, plus d’agriculteurs franchiraient le pas.

 

Pierre Dénès



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Date de l'article : semaine du N° du 30 Novembre au 7 Décembre 2001
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